Miyoo Mini Plus : ce qu’elle fait vraiment tourner

L’essentiel : la Miyoo Mini Plus fait tourner sans discuter tout le 8 et le 16 bits, l’arcade, la Neo Geo et la PC Engine. Son plafond réel est la PlayStation, annoncée à 60 images par seconde par la documentation officielle. Au-dessus, rien : Nintendo 64, Dreamcast, PSP et Saturn ne sont pas « trop lentes », leurs émulateurs ne sont tout simplement pas compilés pour cette machine 32 bits. Et tu ne trouveras aucun pourcentage de compatibilité ici, parce que personne n’a jamais fait ce test.

« 70 % de la ludothèque PS1 », « la Nintendo 64 tourne à 80 % » : ces chiffres circulent partout sur la Miyoo Mini Plus et ils sortent tous des mêmes sites générés automatiquement. Personne n’a lancé une ludothèque entière avec un chronomètre. Cet article prend l’autre chemin : il s’appuie sur ce que les développeurs ont écrit dans le code de la console, sur la documentation officielle de son système, et sur la fiche technique du fabricant de sa puce. Tu sauras exactement ce qui tourne, ce qui coince et ce qui n’existe pas. Pour le reste de la machine, l’avis complet publié sur ce site couvre l’écran, la batterie et le prix.

La vidéo RétroCartouche dont cet article est tiré. Elle démarre au chapitre « Ce qui tourne » (9:06), où tout est filmé à l’écran.
  1. Pourquoi aucun pourcentage dans cet article
  2. Ce qui tourne sans discuter
  3. La PlayStation, le plafond réel
  4. La Nintendo DS, le cas particulier
  5. Ce qui ne tournera jamais, et pourquoi
  6. 128 Mo : la contrainte qui explique tout
  7. Les réglages qui gagnent des images par seconde
  8. FAQ émulation Miyoo Mini Plus

Pourquoi aucun pourcentage dans cet article

Un pourcentage de compatibilité suppose quelqu’un qui a lancé une ludothèque complète, jeu par jeu, avec un protocole. Sur cette machine, ce travail n’existe pas. Les chiffres que tu croises viennent de fiches vendeur recopiées, puis reprises par des sites qui produisent des articles à la chaîne.

Il existe pourtant une source fiable et publique : le code des systèmes qui font tourner la console, celui-là même que notre avis complet sur la Miyoo Mini Plus passe au crible. Les développeurs y écrivent noir sur blanc quels systèmes une machine a le droit de lancer, et lesquels sont bloqués. C’est vérifiable, daté, et ça ne dépend de l’humeur de personne : le dépôt d’OnionOS et celui de spruceOS sont publics. C’est sur cette base que le reste de l’article est construit.

Ce qui tourne sans discuter

Voilà le terrain de jeu de la machine, celui pour lequel elle a été conçue. Sur ces systèmes, la question du « ça tourne ou pas » ne se pose même pas.

SystèmeComportementÀ savoir
NES, FamicomPlein régimeUtilise malgré tout l’extension mémoire de la carte SD
Super NintendoPlein régimeLes jeux à puce embarquée peuvent demander un cœur précis
Master System, Game Gear, Mega DrivePlein régimeFormat 4:3 respecté
Game Boy, Game Boy ColorPlein régimeL’écran 3,5 pouces agrandit franchement l’image d’origine
Game Boy AdvancePlein régimeC’est sur ce système que la documentation officielle mesure sa meilleure autonomie
PC Engine, TurboGrafxPlein régimeLes versions CD demandent un BIOS
Neo GeoPlein régimeFichiers lourds, prévois de la place sur la carte
Arcade (CPS1, CPS2, CPS3)Plein régimeRangé par plateforme dans le menu
Liste des plateformes arcade CPS1, CPS2 et CPS3 sur la Miyoo Mini Plus
Les systèmes arcade sont rangés par plateforme. CPS1, CPS2, CPS3 et Neo Geo tournent sans compromis.

Formulé autrement : tout ce à quoi on a joué entre huit et quinze ans avant la 3D tourne parfaitement sur cette console, dans une poche de jean, sur un écran au bon format. C’est déjà de quoi remplir plusieurs vies de joueur.

Jeu 16 bits affiché plein écran sur la dalle 4:3 de la Miyoo Mini Plus
Un jeu 16 bits occupe toute la dalle, sans bandeau noir ni étirement.

La PlayStation, le plafond réel

C’est la machine la plus puissante que la Miyoo Mini Plus sait émuler correctement, et la documentation officielle est explicite : la plupart des jeux PlayStation tournent à 60 images par seconde nativement.

Avec un avertissement qui a son importance, et que les fiches produit omettent toujours : désactive le rembobinage et l’avance rapide quand tu joues à de la PS1. Ces deux fonctions consomment de la mémoire en continu, et sur une machine qui en a très peu, elles transforment un jeu fluide en diaporama.

Jeu PlayStation en 3D affiché sur la Miyoo Mini Plus tenue à deux mains
La PlayStation tourne, à condition de couper le rembobinage et l’avance rapide.

Concrètement, ça met dans ta poche Castlevania : Symphony of the Night, Final Fantasy VII, Metal Gear Solid, Chrono Cross ou Resident Evil. La documentation ne descend pas au niveau du jeu : elle parle de « la plupart », et personne n’a publié de test titre par titre. Considère donc la PlayStation comme le plafond, pas comme une garantie universelle.

La Nintendo DS, le cas particulier

Surprise pour beaucoup : un émulateur Nintendo DS est bien présent, et il fonctionne. Avec deux réserves sérieuses.

La première est physique. La DS avait deux écrans dont un tactile : la Mini Plus en a un, et il ne réagit pas au doigt. Tout ce qui repose sur le stylet devient donc au mieux pénible, au pire injouable. Combien de jeux exactement ? Aucune source ne le chiffre, et on ne va pas l’inventer.

La seconde est logicielle : un bug ouvert depuis mars fige la console si tu ouvres le carrousel de reprise pendant une partie DS. Il n’est pas corrigé, et il ne le sera probablement pas. La DS est donc un bonus, pas un argument d’achat.

Ce qui ne tournera jamais, et pourquoi

Nintendo 64, Dreamcast, PSP, Saturn : non. Et la nuance compte, parce qu’elle change ce que tu peux espérer d’une mise à jour future.

Ce n’est pas « ça rame », c’est « ça n’existe pas ». Aucun de ces émulateurs n’est compilé pour cette machine.

Deux raisons s’additionnent. D’abord l’architecture : les émulateurs de ces machines, sur les consoles portables voisines, visent des processeurs 64 bits, quand la Miyoo Mini Plus est en 32 bits. C’est une question de format, pas de puissance, comme une cassette dans un lecteur DVD. Ensuite le matériel graphique : la fiche technique du fabricant de la puce mentionne un moteur graphique 2D, et rien en dessous. Il n’y a pas de partie 3D dans cette console, même petite, même ancienne.

Les développeurs l’ont écrit eux-mêmes

Le système spruceOS tient une liste de ce que chaque console a le droit de lancer. Pour la Miyoo Mini Plus, six systèmes sont explicitement barrés, dont la Dreamcast, la Nintendo 64, la PSP, la Saturn et les portages de jeux PC. Sur 76 autres systèmes, aucune restriction. Ce n’est pas un oubli, c’est un choix documenté.

Si ces machines comptent pour toi, il faut regarder une console à processeur 64 bits, dans une autre gamme de prix. Notre comparatif des consoles rétro portables indique lesquelles passent réellement le cap, et à partir de quel budget.

128 Mo : la contrainte qui explique tout

La console embarque 128 mégaoctets de mémoire vive. Pas gigaoctets. Ils sont soudés dans la puce, donc ni extensibles ni remplaçables.

Pour compenser, le système crée sur la carte mémoire un fichier d’extension de 128 Mo qui prend le relais quand la mémoire sature. Et 36 émulateurs sur 54 sont configurés pour s’en servir : la Super Nintendo, la PlayStation, l’arcade, et même la NES.

Ta carte mémoire n’est pas un placard, c’est un organe

Elle travaille pendant que tu joues. C’est pour ça que la documentation du système déconseille formellement la carte fournie avec la console, jugée très sujette à la corruption de données. Une carte lente ne fait pas que ralentir les chargements : la documentation la donne « très sujette à la corruption de données et à la panne », et les symptômes se retrouvent en pleine partie. Une quinzaine d’euros de carte de marque règle une bonne partie des problèmes de performance.

Carte micro-SD posée à côté de la Miyoo Mini Plus et de ses accessoires
Le composant qui décide des performances réelles de la console, et il ne se trouve pas dedans.

Les réglages qui gagnent des images par seconde

Quand un jeu rame alors qu’il devrait tourner, la cause est presque toujours dans cette liste.

  • Le rembobinage laissé actif. Le coupable numéro un sur PlayStation. Il enregistre l’état du jeu en continu, ce qui sature une mémoire déjà minuscule ;
  • L’avance rapide. Même mécanique, même effet. Pratique sur du 8 bits, à éviter dès que la machine force ;
  • Une carte mémoire lente. Avec 36 émulateurs qui écrivent dessus pendant la partie, elle devient le goulot d’étranglement ;
  • Trop de systèmes activés. Le gestionnaire de paquets te laisse tout allumer, mais une liste de trente machines alourdit la navigation pour rien ;
  • Le mauvais cœur pour un jeu précis. Sur Super Nintendo, quelques titres à puce embarquée demandent un cœur particulier pour démarrer correctement.

Le choix du cœur mérite un mot : sous l’entrée RetroArch du menu, tu retrouves exactement le logiciel décrit dans notre guide des cœurs RetroArch. Les cœurs installés sur cette console sont les versions datées, allégées pour petites machines, et c’est précisément ce qui lui permet de tenir le 16 bits sans broncher.

FAQ émulation Miyoo Mini Plus

La Miyoo Mini Plus fait-elle tourner la PS1 ?

Oui, et c’est son plafond. La documentation officielle du système annonce la plupart des jeux PlayStation à 60 images par seconde nativement, à condition de désactiver le rembobinage et l’avance rapide. Le mot « la plupart » est de la documentation, pas de nous : aucun test titre par titre n’a été publié sur cette machine.

Peut-on jouer à la Nintendo 64 sur Miyoo Mini Plus ?

Non, et aucune mise à jour n’y changera quoi que ce soit. Aucun émulateur Nintendo 64 n’est compilé pour cette machine : ceux qui existent sur les consoles voisines visent des processeurs 64 bits, la Mini Plus est en 32 bits, et sa puce n’a aucun moteur graphique 3D. Le système spruceOS barre d’ailleurs explicitement ce système pour elle.

Combien de jeux peut-on mettre dessus ?

Autant que la carte le permet, et c’est la seule limite. En 8 et 16 bits, 64 Go représentent déjà des milliers de titres. La PlayStation change l’échelle, ses jeux pesant plusieurs centaines de mégaoctets chacun : c’est le seul cas où 128 Go se justifient vraiment.

Pourquoi mon jeu rame alors qu’il est censé tourner ?

Commence par désactiver le rembobinage et l’avance rapide, responsables de la grande majorité des ralentissements sur cette console. Si le problème persiste, suspecte la carte mémoire : 36 émulateurs écrivent dessus pendant la partie, et une carte lente devient le goulot d’étranglement du système entier.

Ce qu’il faut retenir

La Miyoo Mini Plus est une machine cohérente : elle fait parfaitement le 8 bits, le 16 bits, l’arcade et la PlayStation, dans un format qui tient vraiment dans une poche. Elle ne fait rien au-dessus, et elle ne le fera jamais. Le seul vrai reproche à lui adresser sur ce terrain ne la concerne pas : il vise ceux qui te vendent autre chose.

Si tu viens de la recevoir, la première étape reste logicielle : installer OnionOS débloque la centaine d’émulateurs dont il est question ici, et le gestionnaire de paquets te laisse n’afficher que les systèmes qui te concernent.

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